Courtney Barnett « Tell Me How You Really Feel »

Presque trois ans après sa sortie, on a encore du mal à se passer du premier album de Courtney Barnett. Celle qui est depuis devenue une sorte d’icône internationale de l’Indie Rock revient avec un nouvel LP et s’interroge: Tell Me How You Really Feel.

L’an passé, l’Australienne a créé la surprise avec Lotta Sea Lice, album en collaboration avec le chanteur américain Kurt Vile. Plus orienté Americana et Folk, le disque réunissait de sympathiques compo’ originales et quelques reprises plutôt réussies.
Mais c’est en solo, entourée de son backing band, que Courtney se montre plus efficace, intéressante et inspirée. On y retrouve avec le même plaisir la voix mi-parlée, mi-chantée et parfois nonchalante de la songwriter qui accompagne un storytelling toujours aussi brillant. Elle livre sous forme de belles Pop songs ses réflexions sur la vie de tous les jours -à la manière d’un journal intime- mais, surtout, sur sa condition de femme musicienne. En fait, si l’on voulait résumer en quelques mots ce deuxième album, on pourrait dire que l’Australienne, tente de tirer quelque chose de positif d’un monde dévoré par une haine grandissante.
Sur « Nameless, Faceless » par exemple, la chanteuse répond au stupide commentaire d’un auditeur haineux en le transformant en un tube en puissance particulièrement drôle et intelligent, comme seule Barnett sait en faire.

He said “I could eat a bowl of alphabet soup
And spit out better words than you”
But you didn’t
Man you’re kidding yourself if you think
The world revolves around you
« Nameless, Faceless »

TMHYRF aborde autant de thèmes personnels, parfois cathartiques (la dépression, l’amitié) que des sujets plus larges (le sexisme, le féminisme), sur différentes rythmes et ambiances -de la belle ballade « Need a Little Time » à la Pop/Rock entêtante de « Charity » et « City Looks Pretty » jusqu’au limite Post-Punk « I’m not your Mother, I’m not your Bitch ».
Après le succès de Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I just Sit (l’album a notamment été nommé aux Grammy Awards en 2015), on aurait pu penser que Barnett aurait opté pour un gros studio et un producteur plus bankable, mais c’est finalement vers l’opposé qu’elle s’est tourné, préférant enregistrer une nouvelle fois aux cotés de proches (ses potes musiciens Bone Sloanes, Dave Mudie, Dan Luscomb), sans aucune pression, dans un studio de Melbourne proche de chez elle. Simple, mais judicieux.

Il n’y a désormais plus de place au doute, le succès de son premier album n’était pas le fruit du hasard. Tell Me How You Really Feel récidive sans mal la réussite de son prédécesseur et concentre en dix titres ce que l’Indie Rock a fait de mieux ces vingt dernières années; C’est à la fois un disque sacrément remonté et un album de Feel-Good Indie Rock optimiste mais, surtout, l’un des futurs grands disques de 2018.

Courtney Barnett Tell Me How You Really Feel Marathon Artists/[PIAS]/Milk!

TRACKLIST:

Side A

Hopefulessness
City Looks Pretty
Charity
Need a Little Time
Nameless, Faceless

Side B

I’m Not Your Mother, I’m Not Your Bitch
Crippling Self Doubt and a General Lack of Self-Confidence
Help Your Self
Walkin’ on Eggshells
Sunday Roast



Album également en écoute sur Spotify.





Critique de l’album
Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit (2015, Milk!)

Critique et écoute de sometimes i sit and think and sometimes i Just sit album chanteuse guitariste australienne courtney barnett 2015 milk! records marathon artists


Critique de l’album Lotta Sea Lice, en collaboration avec Kurt Vile
(2017, Matador/Marathon Artists)

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Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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