Kurt Baker « Play It Cool »

Play It Cool
Kurt Baker fait la synthèse du Paul Collins Beat, Elvis Costello, les Nerves, Jam, Joe Jackson, les Ramones, les Shangri-Las, les Kinks et, bien sûr, les quatre lavandières de Liverpool… Chacune des sorties du petit gars de Portland — du Maine, pas d’Oregon —, enfonce : 1) le clou, 2) le diamant dans le sillon, 3) le couteau dans la plaie. Je ne m’attendais à rien de nouveau avec ce cinquième album. Je ne suis pas déçu. Dans le fond, il garde la ligne artistique ; dans la forme, il prend un peu d’embonpoint.

Oh, pas grand-chose, c’est au niveau de la production que ça se passe. Wyatt Funderburk, l’acolyte de Kurt Baker qui gère l’intendance depuis Brand New Beat (Collector’s Club Records, 2012) en plus de co-écrire les morceaux et de jouer divers instruments, a visiblement changé quelques habitudes alors que c’est toujours enregistré à Nashville au Nebulon II. Ou alors, le studio est équipé d’une nouvelle console ou de nouveaux effets cosmétiques. Funderburk a gommé le vernis années 80’s. L’essentiel, ce sont les chansons. Kurt Baker est foutrement doué pour ça. Certes, il n’invente pas le fil à couper l’eau tiède, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. Tant que les abonnés du gaz ont de l’électricité…
Play It Cool vire moins Cheap Trick que le dernier Biters, Electric Blood (Earache, 2015), il reste bien en ligne de mire d’Elvis Costello. Cela dit, ces sonorités plus d’actualité donnent quelques couleurs à la Green Day à ce disque, ce qui m’amuse bigrement.

A la cool, comme toujours.

Kurt Baker Play It Cool Eccentric Pop/Rum Bar
Site web de Kurt Baker, d’Eccentric Pop et de Rum Bar Records.

TRACKLIST

Send Me To Mars
Enough’s Enough
I Got You
Just a Little Bit
Monday Night
Can’t Say No
Play It Cool
Talk Is Talk
Doin’ It Right
Prime Targets
Back For Good
I Can’t Wait



 

Patrick Foulhoux

Ancien directeur artistique de Spliff Records, Pyromane Records, activiste notoire, fauteur de troubles patenté, journaliste rock au sang chaud, spécialisé dans les styles réputés “hors normes” pour de nombreux magazines (Rolling Stone, Punk Rawk, Violence, Dig It, Kérosène, Abus Dangereux, Rock Sound…), Patrick Foulhoux est un drôle de zèbre.

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