Lack « Be There Pulse »

Be There Pulse
« Running, nothing but running ». Une rythmique infaillible, menée par une basse lourde et menaçante et quelques saturations, ouvre ce disque. En 2005, les Danois de Lack changent complétement de direction après leur premier disque Blues Moderne : Danois explosifs (2001, Nova Recordings), alors très influencé par le hardcore chaotique et braillard.  Le quatuor décide de resserrer son jeu, le nuancer, garder sa rage mais de manière plus subtile, en jouant sur la tension. A l’image de ce premier morceau, « Marathon Man », il va s’agir d’aller tout droit, sans précipiter le rythme, mais d’y aller franchement, sans faiblir.

Mené par le charismatique Thomas Burø, le groupe fustige la modernité, les rapports de force instaurés par le pouvoir en place, qu’il s’agisse du capitalisme (« Disburden », « New American Century.org »), de la religion (« Ritornello »), ou de la sexualité, à l’image de l’incroyable « Deserters », où la basse porte sur ses épaules les paroles émancipatrices : « On a scale from straight to gay, I guess I’m a perfect bi. All the bigots of this world could never make me deny what I feel when I see a great ass and a pair of shining eyes. […] If you tell me I’m just a heathen hedonist, I will tell you I think we’re not hedonist enough. » Et pour s’affranchir de toutes ces contraintes, dix petits morceaux tendus et pourtant catchy, avec quelques respirations bienvenues (le break inattendu de « Primo Levi », le blues lancinant de « Simonix »).
Lack poursuivra dans cette direction trois ans plus tard avec son ultime disque, Saturate Every Atom (Play/Rec), à la frontière de l’indie rock, de la pop et de la noise, en maintenant ses prises de positions radicales et sa tension permanente, mais c’est une autre histoire.
En 2005, le monde n’est pas prêt à se prendre la baffe Be There Pulse, à l’image de ce concert dans la cave d’un minable bar de bikers clermontois, où les Danois, vêtus de simples t-shirts noirs et de gros amplis, mettront une claque monumentale à l’ensemble du public, qui ressortira de l’endroit fan à vie.

Que reste-t-il en 2015 de Lack ? Pas grand chose, quelques projets éphémères, trois albums, et pourtant le sentiment d’avoir vu passer un groupe incroyable, fier et précieux, qu’on cherche à tout prix à faire découvrir au monde. « Just running, nothing but running.

Lack Be There Pulse Play/Rec
Page Facebook de Lack et site web de Play/Rec.

TRACKLIST:

Side A

Marathon Man
5 O’clock In The Evening
Primo Levi
Deserters
New American Century.Org

Side B

Soot, Smoke And Ash
Disburden
Simonix
Ritornello
The Gay Revolutions



Album également en écoute sur Spotify par ici.


Anthony Leite

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