Sofy Major « Waste »

Waste
Nouveau virus aérobie propagé par Sofy Major, le troisième après l’époustouflant Idolize (Solar Flare Records, 2013) dont l’enregistrement à New York déclencha l’ouragan Sandy le 29 octobre 2012, Waste confirme la place du power-trio dans le peloton de tête des cuirassés à chenilles. Le trio est à Motörhead ce que les Melvins sont à Kiss et ce qu’Unsane est à Robert Johnson. De surcroit, Waste offre une jolie surprise en fin de disque, une reprise qui annonce une évolution vers un registre inattendu, mais pas forcément imprévisible pour qui possède l’oreille absolue…

Ce nouvel album a été enregistré en France, à côté d’Angers, au Black Box Studio, pour s’épargner un nouvel ouragan sur la côte est des USA. C’est Dave Curran (Unsane, Pigs) qui s’est chargé de la production avec l’aide de son acolyte Andrew Schneider qui s’était déjà occupé d’Idolize. D’un point de vue visuel, il y a une évolution naturelle entre la pochette d’Idolize et celle, encore plus jolie, de Waste. S’ils restent dans cette dynamique, la prochaine pourrait se diriger vers un graphisme à la Tetsuo, le film de Shinya Tsukamoto (1989). Ça aurait un sens. Dans un schéma inverse pour Sofy Major qui, lui, se débarrasse de ses appendices métalliques au fil du temps…Un power-trio avec un chanteur bassiste, forcément, les plus vicelards pensent Motörhead. Normal. Sofy Major a fait son coming-out dès le premier album et assume de mieux en mieux sa part rock sans se départir des influences hardcore et de la chape de plomb qu’il porte en médaillon pour jouer une partition comparable à Rollerball chez les Télétubbies. Waste sidère par son audace sans dévier de la ligne artistique que SM s’était doctement fixé dès le départ. Tant que le trio n’était pas très à l’aise avec la conduite du bulldozer, il restait sagement sur la file de droite en respectant la vitesse. De plus en plus, il gagne en assurance, il est plus téméraire, il met le clignotant et double en faisant exploser les radars au passage.

Le groupe ose la reprise des Thugs en conclusion de Waste. Sa version de “As Happy As” est judicieuse à plus d’un titre. Premièrement, elle force Sofy Major à sortir de son créneau habituel. Elle oblige le chanteur à… chanter, et on découvre qu’il en est capable même si son interprétation est encore très clinique et qu’elle manque un peu de “chaleur”. Ça augure de beaux lendemains !
Et, dernier point, et c’est stratégiquement bien joué, la chanson est connue du marché américain puisqu’elle provient de l’album As Happy As Possible (Sub Pop, 1993) des Thugs. Avec un disque pareil et une première prestation au Hellfest en 2015, Sofy Major va enfin connaître un succès… majeur !

Waste side story !

Sofy Major Waste Solar Flare
Site Web de Sofy Major et de Solar Flare Records.

TRACKLIST

Side A

Waste
We See Fire
Turning Point
Slow Everywhere
Infinite Pill Case

Side B

Black and Table
Iron Butt
Devotion Man
As Happy As



Album également en écoute sur Bandcamp et Spotify.




Patrick Foulhoux

Ancien directeur artistique de Spliff Records, Pyromane Records, activiste notoire, fauteur de troubles patenté, journaliste rock au sang chaud, spécialisé dans les styles réputés “hors normes” pour de nombreux magazines (Rolling Stone, Punk Rawk, Violence, Dig It, Kérosène, Abus Dangereux, Rock Sound…), Patrick Foulhoux est un drôle de zèbre.

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