Sonny Knight & The Lakers « Do It Live »

Do It Live
Sonny Knight est originaire de Jackson, la capitale du Mississipi. Il publie son premier 45 tours en 1965, alors qu’il n’a que dix-sept ans. Un demi-siècle plus tard, il sort son second album — un live — un an après le nectar I’m Still Here (Secret Stash Records) millésimé 2014, cuvée soul.

Qu’il s’empresse de sortir des disques la soixantaine bien tassée, c’est légitime. A l’instar de Charles Bradley.
Dans la foulée de I’m Still Here, SK&TL tournèrent intensément. De retour à la maison, à Minneapolis, ils enregistrèrent Do It Live en ayant la tornade Live at The Apollo de James Brown (1963) à l’esprit. C’est extrême-funk. Plus, ce serait obscène. Si les ligues de vertu tombent là-dessus, Knight est bon pour l’excommunication, l’expatriation, l’extradition, l’exfiltration. What else ?
Double album vinyle, Do It Live est une cocotte-minute sur le feu. Leur version de “Day Tripper” des Beatles s’emballe comme une boule de flipper sur la rampe de lancement. Non mais, ils sont tarés d’avoiner comme ça. Ils vont nous le faire claquer le Sonny. Toutes les reprises sont des torpilles. La version de “Sock a-Poo-Poo” de Maurice McKinnies & the Champions tient un rythme de cinglé à l’orgue Hammond pendant les presque dix minutes que dure le morceau. Sam Harvey-Carson au clavier est un psychopathe. La splendide “Sugar Man” de Rodriguez qui était déjà de I’m Still Here, dévoile un Sonny Knight crooner. Le set est articulé autour de I’m Still Here. Une heure vingt de grand huit (les matheux apprécieront). Je recommande aux estomacs fragiles et aux cœurs sensibles de ne pas prendre de ticket, ce disque procure beaucoup trop de plaisir et d’émotions fortes. La Daptone doit lui faire un pont d’or, mais comme le batteur des Lakers, Eric Foss, est le propriétaire de Secret Stash et que c’est lui qui a relancé Sonny Knight, le montant du transfert doit être élevé.

Les bookmakers jouent Sonny Knight placé dans la course virtuelle au titre de néo-James Brown à égalité avec Sharon Jones et Charles Bradley. Pourvu qu’ils ne jouent jamais ensembles ces trois-là, on aurait l’impression d’entendre chanter les anges.

Sonny Knight & The Lakers Do It Live Secret Stash
Site officiel de Sonny Knight et de Secret Stash Records

TRACKLIST:

Lion of Lyndale (Intro)
Juicy Lucy
Get Up And Dance
Through With You
Sonny’s Boogaloo
Where Did You Sleep Last Night
Day Tripper
Baby, Baby, Baby
It’s You For Me
Sock A Poo Poo
When You’re Gone
Cave Man
I’m Still Here Pt. 1
I’m Still Here Pt. 2
Sugar Man
Hey Girl





Patrick Foulhoux

Ancien directeur artistique de Spliff Records, Pyromane Records, activiste notoire, fauteur de troubles patenté, journaliste rock au sang chaud, spécialisé dans les styles réputés “hors normes” pour de nombreux magazines (Rolling Stone, Punk Rawk, Violence, Dig It, Kérosène, Abus Dangereux, Rock Sound…), Patrick Foulhoux est un drôle de zèbre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.