Théo Charaf « Théo Charaf »

Plus prompt à traverser les plaines du grand ouest au grand galop en compagnie de bandes de desperados (Beaten Brats et Scaners), Théo Charaf a déposé les armes, allumé un feu de camp et a laissé transparaître ses émotions. Même les serpents à sonnettes approchent pour se réchauffer les écailles.

L’heure est grave, l’instant solennel. On peut avoir été élevé au punk et en même temps chercher un peu de tranquillité sans être plus apaisé pour autant. Le Lyonnais Théo Charaf a tombé le cuir pour revêtir une salopette et un Stetson à larges bords, il a pris sa guitare acoustique pour labourer son jardin secret planté là, au milieu des plaines limoneuses bordant le large fleuve du sud. Drapé dans un voile crépusculaire, le folk blues ambré de Théo Charaf emporte avec lui les derniers rayons de soleil pour Tombstone avec comme titre de transport pour voyager, un ticket aller en poche. Le retour sera à retirer à l’arrivée, si vous l’atteignez. La pochette intérieure conçue par Jean-Luc Navette qui a créé le magnifique visuel du disque montre un carrefour avec une chaise plantée au milieu. Faut-il voir là une invitation lancée par Robert Johnson à s’asseoir ? Sur les dix titres contenus dans ce splendide album à huis clos, six originaux côtoient deux reprises de Skip James, une de Bob Dylan et une de Townes Van Zandt. Mais pas de Robert Johnson. Théo Charaf ne joue pas par procuration, sa démarche est authentique, totalement affranchie de toutes ses influences, sa voix trainante donne cette couleur folk à un blues des bas-côtés dégoulinant de sa guitare. Il y a eu les American Recordings de Johnny Cash désormais, il y a les Electrophonic Recordings de Théo Charaf. Respect monsieur.

Theo Charaf Théo Charaf Wita Records/Dangerhouse Skylab

Face A

Vampire
Forward
Going Down
In Vain
Devil Got May Woman

Face B

Oh Sister
Wander Boy
See The Man
Waiting Around To Die
Hard Time Killing Floor


Egalement disponible sur Deezer, Qobuz & Spotify,
mais aussi et surtout, chez tous les bons disquaires indé’ !


Patrick Foulhoux

Ancien directeur artistique de Spliff Records, Pyromane Records, activiste notoire, fauteur de troubles patenté, journaliste rock au sang chaud, spécialisé dans les styles réputés “hors normes” pour de nombreux magazines (Rolling Stone, Punk Rawk, Violence, Dig It, Kérosène, Abus Dangereux, Rock Sound…), Patrick Foulhoux est un drôle de zèbre.

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