Depuis des décennies, une question intrigue les fans de l’artiste : qui se cache derrière le prénom de Laurette ? En 1965, le jeune chanteur a enregistré un titre qui allait bouleverser sa carrière. Cette chanson, « Chez Laurette », est devenue culte et continue d’émouvoir des générations.
À la disparition de Michel Delpech en 2016, les médias ont ravivé l’intérêt pour l’origine de cette œuvre. Il s’avère que la véritable Laurette s’appelle Christiane Vauquelin, une amie de la famille de l’artiste. Elle tenait un café à Courbevoie, qui a inspiré le décor de la chanson.
Ce café n’est pas le seul à avoir influencé l’écriture. En fait, Michel Delpech s’est inspiré de trois établissements qu’il fréquentait. La chanson, écrite en quelques minutes dans un train à l’âge de 18 ans, témoigne du talent inné du chanteur pour capturer des moments précieux.
Le véritable visage de Laurette dans la chanson de Michel Delpech
La figure de Laurette, souvent entourée de mystère, se dévoile à travers l’histoire de Christiane Vauquelin. Née en avril 1929, elle a grandi dans le Bar du Square, un café situé à Courbevoie, où elle a passé près d’un demi-siècle de sa vie. Ce lieu a été un véritable foyer pour la famille Delpech, qui habitait juste au-dessus.
Christiane n’était pas qu’une simple commerçante. Elle était une amie proche de la famille Delpech, gardant souvent le jeune Michel. Elle a vu le petit garçon faire ses premiers pas vers la musique, inspiré par des artistes comme Luis Mariano. Cette proximité a créé des souvenirs indélébiles, marquant profondément l’enfance du futur chanteur.
Christiane Vauquelin : la muse derrière « Chez Laurette »
Les liens entre les familles Vauquelin et Delpech sont plus que des simples relations amicales. Christiane est la cousine germaine de Dominique Delpech, qui a épousé Maurice Delpech, le frère de Bertrand, le père de Michel. Ces relations familiales ont tissé un réseau d’affection et de soutien autour de Michel, lui offrant un environnement propice à son épanouissement artistique.
Le 26 janvier 1946, Michel voit le jour dans un appartement proche du café. Son baptême a même eu lieu au Bar du Square, renforçant ainsi le lien indéfectible entre lui et cet endroit. Le grand-père maternel, Jean Josselin, surnommé Jeannot, était un client assidu du bar, où il jouait à la belote et emmenait Michel au cirque. Ces souvenirs ont contribué à façonner l’univers de la chanson.
Les cafés qui ont inspiré le personnage de Laurette
Pour créer l’atmosphère de « Chez Laurette », Michel Delpech a fusionné des souvenirs de plusieurs cafés. En plus du Bar du Square, il a été influencé par un café à Honfleur, un lieu de vacances, et un autre en face du lycée de Pontoise, où il retrouvait ses camarades après les cours. Christiane elle-même a confirmé son rôle dans la chanson, précisant que le café décrit dans les paroles est celui de Pontoise, et non celui de Courbevoie.
Le choix du prénom « Laurette » plutôt que Christiane a été fait pour des raisons poétiques, afin de donner une rime à la chanson. Ce choix a permis de créer un personnage emblématique, qui a marqué l’histoire de la chanson française.
Christiane Vauquelin, avec son cœur généreux, a profondément influencé la vie de Michel. Elle représente la figure maternelle et protectrice qui a accompagné son enfance. Des années plus tard, Michel lui a dédié l’un de ses plus grands succès, rendant hommage à cette belle amitié.
| Éléments | Détails |
|---|---|
| Nom complet | Christiane Vauquelin |
| Date de naissance | Avril 1929 |
| Café | Bar du Square (Le Bienvenu) |
| Liens familiaux | Cousine germaine de Dominique Delpech |
| Date de naissance de Michel Delpech | 26 janvier 1946 |
| Lieu de baptême | Bar du Square |
| Influences | Bar du Square, café de Honfleur, café de Pontoise |
L’origine et la création de la chanson « Chez Laurette »
La genèse de ce titre emblématique est fascinante. Michel Delpech a écrit « Chez Laurette » le 1er mai 1965, alors qu’il était en route pour un rendez-vous avec son ami compositeur, Roland Vincent. Ce trajet en train, entre la Gare Saint-Lazare et Saint-Cloud, a marqué le début d’une collaboration qui allait changer sa carrière.
Lors de ce voyage, les paroles ont jailli de l’esprit du jeune chanteur de 19 ans. En quelques minutes, il a puisé dans ses souvenirs d’adolescence pour donner vie à ce qui deviendrait un classique de la chanson française. L’écriture était si spontanée qu’elle semblait couler de source.
La naissance de la chanson lors d’un voyage en train
Ce moment précis a été un coup de génie pour Michel. Les mots se sont formés naturellement, capturant l’essence de ses souvenirs. Cette chanson est devenue un reflet de son enfance, mêlant nostalgie et insouciance. Les paroles évoquent des instants simples mais chargés d’émotion.
Collaboration avec le compositeur Roland Vincent
Roland Vincent, qui a mis en musique ces paroles, a également joué un rôle clé dans la création de ce titre. En lisant les mots que Michel avait écrits, il a composé la mélodie d’une seule traite. Ce processus créatif, sans retouche, a donné à la chanson une authenticité rare.
La rencontre entre les deux artistes remonte à 1964. Présentés par une amie commune autour d’un couscous, ils ont rapidement trouvé une alchimie musicale. Malgré des débuts difficiles, leur collaboration a porté ses fruits, et « Chez Laurette » a vu le jour.
Le contexte musical et les débuts difficiles de Michel Delpech
À l’époque, Michel Delpech faisait ses premiers pas dans le monde de la musique. Son premier single, « Anatole », sorti en 1964, avait été un échec commercial. Pourtant, « Chez Laurette » a été intégré à la comédie musicale « Copain-Clopan » en 1965, où il a joué son propre rôle.
Initialement, la chanson n’a pas rencontré le succès escompté. Cependant, les radios, notamment Europe 1 et la radio publique belge, ont commencé à la diffuser massivement. En juillet 1965, « Chez Laurette » est devenu l’un des titres les plus diffusés, propulsant Michel sur le devant de la scène.
Ce titre a marqué un tournant décisif dans sa carrière. Il a su capturer l’esprit des années yéyé, faisant de lui une figure incontournable de la variété française. Avec une sincérité désarmante, cette chanson reste un petit miracle musical, né d’une collaboration fructueuse et d’un élan créatif.
| Éléments | Détails |
|---|---|
| Date d’écriture | 1er mai 1965 |
| Compositeur | Roland Vincent |
| Premier single | « Anatole » (1964) |
| Intégration à | Comédie musicale « Copain-Clopan » |
| Succès radio | Europe 1, radio publique belge |
| Année de sortie | 1965 |
| Âge de Michel | 19 ans |

Le café : un refuge symbolique de l’adolescence des années 50-60
Les cafés des années 50 et 60 n’étaient pas de simples lieux de rencontre. Ils étaient des sanctuaires pour les jeunes en quête d’identité et de sociabilité. Chez Laurette illustre parfaitement cette atmosphère unique, où les souvenirs d’adolescence se mêlent à des moments de joie et de mélancolie.
La culture des cafés et la vie des jeunes à l’époque
Les paroles de la chanson évoquent des scènes du quotidien des lycéens. L’argent de poche disparaissait dans les machines à sous, tandis que les jeunes partageaient des verres après les cours. Ce coin de café était un lieu où l’on pouvait observer les filles, rêver et s’évader.
Les souvenirs d’enfance et la figure maternelle incarnée par Laurette
Laurette, en tant que patronne, appelait affectueusement les jeunes « ses gosses ». Son sourire et ses gestes réconfortants apportaient une chaleur maternelle. « D’un seul coup, nos leçons, nos problèmes disparaissaient quand elle nous embrassait », témoigne d’un lien fort entre elle et ces adolescents en quête de réconfort.
L’ambiance sociale et le rôle du café chez les lycéens
À cette époque, le café était majoritairement un passe-temps de garçons. C’était un espace de liberté, où les rires et les peines se mêlaient. Le café devenait le théâtre de moments précieux, où les jeunes tissaient des liens d’amitié. « J’irai bien refaire un tour du côté de chez Laurette » évoque cette nostalgie, ce désir de retourner à une époque plus simple.
Michel Delpech a su capturer cette essence avec des mots simples mais évocateurs. La chanson, à travers ses paroles, parle d’une génération qui jongle entre l’enfance et l’âge adulte. Chaque souvenir partagé dans ce café résonne encore aujourd’hui, faisant de Chez Laurette un véritable symbole de l’adolescence.
Conclusion : l’héritage intemporel de « Chez Laurette » et de sa muse
Près de soixante ans après sa création, « Chez Laurette » demeure un pilier de la culture française. Ce titre, écrit par Michel Delpech, continue d’être fredonné et diffusé à la radio. Sa magie réside dans sa simplicité, permettant à chacun de s’y identifier. Des artistes tels qu’Hervé Vilard et Dave ont repris cette chanson, prouvant son intemporalité.
En 2025, une version jazz contemporaine a vu le jour, inspirée d’une prestation de Delpech avec Mort Shuman. Ce classique a su évoluer tout en conservant son essence. Christiane Vauquelin, la muse derrière le personnage, incarne une figure emblématique, symbole des patronnes de café au grand cœur.
Roland Vincent a parfaitement résumé le succès de ce titre : « Chacun se retrouve dans Chez Laurette parce qu’elle parle avec des mots très simples. » Cette chanson capture l’esprit de la jeunesse, l’amitié et la nostalgie, faisant d’elle un véritable petit miracle musical du patrimoine français.
