Burlesque: Le graphisme D.I.Y. du Midwest


BRLSQ
Burlesque Of North America. Ce nom ne vous dit certainement pas grand chose. Pourtant, si vous êtes amateur de musique indépendante, principalement de Rock et de Hip-Hop, vous avez sans doute vu passer un certain nombre de créations sur des t-shirts ou affiches de concerts estampillés BRLSQ. De Life Sucks Die aux sérigraphies pour Arcade Fire, portrait de l’une des boites DIY américaines les plus créatives de ces 10 dernières années.

Burlesque débute comme la plupart des boites de potes, sur les bancs du lycée, quand des gamins amateurs de graff’ lancent leur propre magazine. Baignant dans l’univers du hip-hop et du skate, le magazine -du nom de Life Sucks Die (inspiré de l’icône punk G.G. Allin et de son célèbre Life Sucks Scum Fuck et des tattoo Live Fast Die)- trouve très vite son public. Son contenu est variable, et les kids de la « Twin Cities » (surnom donnée à Minneapolis, dans le Minnesota) laissent dans LSD tout et n’importe quoi, pourvu que ça touche à la culture et la musique. Son succès est sans précédent et alors qu’un paquet de magazines tentent en vain de plagier son style, le crew d’LSD fait la connaissance d’un de leur futur contributeur : Mike Davis. Tandis que les designers du magazine Wes Winship et George Thomson organisent des soirées de soutien à LSD en compagnie de la fine fleur de la scène locale (Dillinger Four et la team Rhymesayers en tête), les jeunes artistes en herbe se concentrent de plus en plus sur le design, en participant notamment à des artworks d’album (comme ceux du jeune label Anticon par exemple), des t-shirts et des affiches de concerts.

Numéros du magazine Life Sucks Die (LSD)

Quelques exemplaires du défunt magazine Life Sucks Die.

C’est en 2003 que Wes et George (vite rejoints par Mike), qui squattent à l’époque un entrepôt du nom de Spice Factory, décident de se concentrer à 100% sur l’artwork, et mettent en veille Life Sucks Die.
L’été précédent la mise en sommeil de LSD, Wes, après avoir créé des affiches de concerts pour la salle de Minneapolis First Avenue (aperçu dans le Purple Rain de Prince en 1984), se dit qu’il y aurait certainement un créneau à exploiter avec la création et l’impression de posters et sérigraphies de groupes et concerts. Aidés par quelques potes, Wes, George et Mike se font avec les années un nom dans le monde de l’affiche, Burlesque est de plus en plus présent sur les stand de merch’ des gigs locaux (notamment pour  Atmosphere, Peaches, Acid Mother Temple ou encore Why ?), puis pour les poids lourds de la scène Indie Rock nord américaine comme Arcade Fire ou les Decemberists.

Atelier de BRLSQ  Atelier de BRLSQ

Aujourd’hui, près de 15 ans après sa création, BRLSQ a rejoint les rangs des belles fiertés locales, et compte désormais dans son équipe une dizaine d’artistes membres à temps plein et de proches collaborateurs, tous aussi talentueux les uns que les autres et que ce soit en design d’affiches musicales, de slogans engagés ou de simples logos fun, on n’a pas fini de voir passer leur taf rafraichissant.

T-shirts, affiches et goodies estampillées BRLSQ sont
en vente sur leur boutique en ligne par ici.


Burlesque of North America

La famille Burlesque of North America au complet. (avec de gauche à droite: Rhys Jones, Sarah Schatz, Mike Davis, Jodi Milbert, Tiffany Larsen, Ben LaFond, Wes Winship)

Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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