Marika Hackman « Big Sigh »

Active depuis le début des années 2010, Marika Hackman appartient à ce genre d’artistes qui nous interpellent, dont on sait pertinemment qu’il ne faut pas les perdre de vue, car ils vont à un moment ou un autre frapper fort. Et il y a fort à parier que ce soit le cas sur Big Sigh, son quatrième album.

Âgée d’à peine 23 ans à la sortie de son premier effort en 2015 (We Slept At Last), Hackman a très vite pris du galon. Du premier album produit par Charlie Andrew d’Alt-J aux tournées au côté de Laura Marling, la chanteuse/compositrice semble avoir acquis ce que certains peinent encore à maîtriser. Elle est aussi à l’aise dans la folk intimiste que dans une indie pop/rock plus rythmée, ou, plus récemment, lorsqu’elle flirte avec la musique électronique, le tout, avec ce savoir faire du titre bien écrit à la fois très personnel et entêtant. D’une chanson à l’autre, elle nous fait tantôt penser par sa fragilité à sa compatriote Fenne Lily, ou à Son Lux, pour la la productions de certains titres ambitieux régis par d’épaisses couches de synthés enveloppants. Big Sigh est un album qui sonne d’emblée comme particulièrement mâture, encore plus lorsque l’on sait que Marika est responsable de la quasi totalité des instruments, de la production du disque et de ses arrangements. Comme sur ses précédents travaux, la musicienne navigue dans plusieurs styles, mais parvient néanmoins à garder  un ensemble très cohérent. La musicienne sait quand se mettre en retrait, et, par exemple, ne chante que lorsque c’est nécessaire. Par exemple sur la très belle ballade instrumentale au piano « The Lonely House », ou sur « The Ground » qui ouvre le disque, ou une boucle de piano est accompagnée de superbes arrangements à cordes qui montent crescendo , accompagnée d’une discrète voix bidouillée qui n’est pas sans rappeler les belles heures d’Apparat, avant un final hyper-saturé qui s’arrête brusquement. À l’image du titre, l’album offre un aperçu des différents stades d’émotions que la musicienne nous fait traverser. Du beau, du tendu, du poignant.

À n’en pas douter Big Sigh semble correspondre à un « gros soupir » de soulagement d’une artiste qui a tout donné, qui chante et compose avec ses tripes, avec sincérité, sans aucune limite et qui nous touche en plein cœur. Assurément l’un des grands disques de ce début d’année.

Marika Hackman Big Sigh Chrysalis/Modulor

Face A

The Ground
No Caffeine
Big Sigh
Blood
Hanging

Face B

The Lonely House
Vitamins
Slime
Please Don’t Be So Kind
The Yellow Mile


Album disponible sur Apple MusicBandcampDeezerSpotify & Tidal,
mais aussi et surtout, chez tous les bons disquaires indé’ !


Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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