Queens of the Stone Age « Songs for the Deaf »

Queens of the Stone Age "Songs for the Deaf"

Quoi qu’en disent leur fans les plus fidèles, et malgré la qualité indiscutable de leurs derniers albums, Songs for the Deaf représente encore aujourd’hui un pilier dans la discographie des Queens of the Stone Age, leur meilleur album pour beaucoup mais surtout, un monument de l’histoire du Rock américain contemporain.

Alors que l’éponyme Queens of the Stone Age (1998, Loosegroove) et Rated R (2000, Interscope) apparaissaient tout deux comme de très bons disques, pour leur troisième production, le groupe livre un album marquant et cohérent de bout en bout.
Une harmonie due en grande partie aux interludes parcourant le disque pour relier les pistes entres elles, sous la forme de stations de radio zappées au gré des villes traversées. Une idée qui a jailli dans la tête de Josh Homme lors des nombreux trajets en bagnole reliant le désert de Joshua Tree à Los Angeles que le songwriter a l’habitude de parcourir, bercés par les ondes radios. Un prétexte idéal pour les QOTSA qui donnent ainsi un peu de cohérence à des morceaux tous plus différents les uns des autres et s’éclatent à partir dans tous les styles qu’ils affectionnent. On passe de la bombe Heavy « Millionaire » littéralement hurlé par Nick Oliveri au Blues moderne (et désormais grand classique) « No One Knows » pour terminer sur un sublime « Mosquito Song » qui fait la part belle aux guitares acoustiques et finit sur des arrangements grandiloquents.
A l’écriture, Homme est parfois secondé par l’ancien Screaming Trees Mark Lanegan (également au chant) et s’impose en songwriter accompli. Il y traite de sujets plus matures que dans le passé, avec des textes noirs sur l’addiction aux drogues dures (« First it Giveth »), la séparation (« Go with the Flow », « Gonna Leave You »), le suicide (« Songs for the Dead ») ou la mortalité au sens large du terme (« Mosquito Song »). Les titres plus légers (« Millionaire », « Six Shooter »…) sont quant à eux signés par son comparse Oliveri.
Le line-up (à géométrie variable au fil des années) se voit resserré autour de trois membres: Homme à la guitare et au chant, Oliveri à la basse et au chant, et Dave Grohl à la batterie. Débauché des Foo Fighters, ce dernier n’a pas hésité un instant lorsque ses potes l’ont sollicité pour passer derrière les fûts. Il démontre toute l’étendue de son talent sur des parties batterie absolument renversantes, un point que même ses détracteurs ne pourront nier.
Comme lors des célèbres Desert Sessions, le groupe accueille en plus de Lanegan, une flopée de potes comme Alain Johannes, Natasha Shneider, Chris Goss, Dean Ween ou Troy Van Leeuwen, qui deviendra rapidement un membre à part entière du groupe.

Quinze ans après leur sortie, ces « chansons pour les sourds » ont permis à Homme de signer ses derniers titres « couillus » (la folie du groupe ayant disparu au moment de l’expulsion d’Oliveri) avec un album désormais considéré comme classique tout en s’écartant complètement de l’étiquette de musicien « stoner rock » qui lui collait à la peau depuis Kyuss; Mais réussi surtout à d’installer ses Queens of the Stone Age parmi les grands groupes de Rock des années 2000. Le groupe est depuis passé d’une formation habitué aux clubs et salles moyennes aux arènes et stades pour le meilleur comme pour le pire.

Queens of the Stone Age Songs for the Deaf Interscope

TRACKLIST:

Side A

You Think I Ain’t Worth A Dollar, But I Feel Like A Millionaire
First It Giveth
Song For The Dead

Side B

The Sky Is Fallin’
Six Shooter
Hangin’ Tree
Go With The Flow
Gonna Leave You

Side C

Do It Again
God Is In The Radio
Another Love Song

Side D

A Song For The Deaf
Mosquito Song



Album également dispo’ sur Spotify.






Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *