St. Plaster « St. Plaster »

Pour attaquer cette chronique, j’avais envie de me focaliser sur deux types de groupes : 1) Ceux qui essayent de faire de la musique en s’inspirant plus ou moins fortement des cadors du secteur (oui, on couvre large), et 2) Ceux qui font presque pareil, mais qui n’en ont rien à foutre et décident d’aller à fond dans une direction en jouant à 100% la carte du déjà-entendu et en l’assumant pleinement. La catégorie 2, est plus risquée, parce qu’on peut tomber facilement dans le cliché. Pourtant, je préfère celle-là, j’aime le risque. Encore faut-il avoir le niveau.

Pour illustrer ce premier paragraphe discutable, aujourd’hui notre cas d’étude s’appelle St. Plaster. Ils sortent leur premier (et normalement unique) album éponyme sur White Russian et Bearded Punk en ce mois d’avril 2019. Pourquoi font-ils un bon cas d’étude ? Parce que leur message est clair dès le départ : du Punk-Hardcore mélodique, inspiré des années 90, comme No Use For A Name, Bad religion, Propagandhi et consorts, le tout, dans un projet parallèle (juste) pour se faire plaisir. Mais c’est pas le genre de groupe qui te parle depuis L.A. ou Miami, non, mais depuis Eindhoven aux Pays-Bas. Donc,pour résumer : c’est 100% plaisir et 0% pression. Tu es prévenu, ça va être Punk à roulette, mélodies et chœurs à go-go, le tout, soutenu par du chant boosté au Pro-Tools. Rien qu’après les dix premières secondes de la première chanson “Back to Your Shelters”, t’as tout compris. Absolument tout. Alors tu vas me dire, rien de nouveau, on l’a déjà entendu 1000 fois, alors pourquoi en faire une chronique ? Pour une raison très simple : le concept est poussé à fond. C’est comme jouer au rugby: si t’as peur de te blesser, tu risques de te faire mal en moins de deux. Mais si t’es engagé à fond, que tu oses presque tout, tu peux te retrouver avec un essai du bout du monde. Alors attention, y’a quand même des codes à respecter, d’ailleurs, une analyse de fond sur le Pop-Punk est disponible sur le site “The Hard Times” si t’as envie. Mais en général, tu ne t’interdis presque rien. Des solos de guitare ? Y’en à un dès la première chanson. Des chœurs avec des « houuuuu houuuuu » derrière ? Essaye de ne pas retenir ceux de “You’re Making it Worse” pour voir, mais y’en à partout ailleurs. Des riffs ? Pas sûr que tu puisses faire plus simple. Une batterie avec une cloche sur tous les temps ? Pas de problème, on y va, c’est sur “Figurehead”. Des guitares ultra mélodiques, du tapping, de la roulette, du chant tellement juste que même le créateur de Pro-Tools aurait un peu honte? Oui, absolument tout est là. De A à Z. On en arrive donc à l’essentiel : cet album est autant cliché qu’il est cool, et c’est pour ça qu’il faut l’écouter. Il te replonge parfaitement dans les années 90 ou 2000, quand t’étais un peu hype en baggy et en grosses chaussures Ethnies, quand tu avais les cheveux en pics et que tu t’essayais à la Carapils et au figures de skate (enfin pas moi, mais j’imagine). Mais il te rappelle tout ça avec des nouveaux titres, du talent, et aucune gêne à faire les chansons les plus cheesy de 2019.

On est donc pour moi clairement dans la catégorie 2). Franchement, je préfère largement cette catégorie de disques, déjà parce pour les autres je ne sais jamais bien quoi en dire, et surtout parce que je ne suis jamais certain des intentions. Ici c’est clair : cet album rend hommage au Punk-Hardcore mélo’ des années 90, aux groupes qui ont fait vibrer des petits Punk-rockers comme moi, et c’est tout ce dont j’ai besoin. Et surtout, j’en suis certain: je peux tout chanter à tue-tête sans scrupule c’est fait pour ça. Allez, à ton tour maintenant !

St. Plaster St. Plaster White Russian/Bearded Punk

Side A

Run To Your Shelters
You’re Making It Worse
Cunt
Seriously, Fuck The Modern Man
I’m Through
Booyaa, Motherfucker
Figurehead

Side B

In The Wrong
Take Your Pick
« I Can Stop Anytime I Want » – The Capitalist
Await Verdict
The Herd
Stuck With This



Album également disponible sur Bandcamp & Spotify,
ainsi que chez tous les bons disquaires indépendants !


Martin Andraud

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