The Secret Life of Walter Mitty: l’ode au voyage selon Ben Stiller.

The Secret Life of Walter Mitty film poster

Pour son cinquième film en tant que réalisateur, Ben Stiller, acteur célèbre pour ses comédies potaches dans les années 90 (Mary à tout prix, 1998) ou au début des années 2000 (Dodgeball, 2004), tente une nouvelle fois de prouver qu’il sait faire autre chose que de la comédie. Tentative quasi-réussie !
Stiller a épuisé l’éternel rôle de loser sous tous ses angles. On le connait en tant qu’écrivain raté qui tente de retrouver son amour de jeunesse (chez les frères Farelly avec Mary à tout prix), ou en assureur à la vie un peu trop banale épris de l’insouciante Polly (Polly et moi de John Hamburg), mais son plus gros succès restera sans doute la trilogie Mon beau père et moi, face à Robert De Niro.
Malheureusement, le grand public a beaucoup de mal à retenir autre chose que ses prestations comiques. Difficile de se détacher d’une image qui vous colle à la peau. Pourtant, le Ben n’en est pas à sa première tentative, il s’offre l’un des rôles principaux de Génération 90 (qu’il réalise également) en 1994, devient membre de La Famille Tenenbaum de Wes Anderson et joue le quadra dépressif dans Greenberg (de Noah Baumbach). Mais rien n’y fait. A 45 ans passés, Stiller semble tourner en rond.
Une nouvelle fois devant et derrière la caméra, il lance La Vie rêvée de Walter Mitty, un film adapté d’une nouvelle de 1939 signée James Thurber. Une fois de plus, l’accueil comme le succès du film sont modérés.
To see the world,
Things dangerous to come to,
To see behind walls, draw closer,
To find each other and to feel
That is the purpose of LIFE.

Devise de Life, pour lequel travail Walter Mitty
Malgré les quelques défauts présents dans le long-métrage, la poignée de belles scènes suffisent à rendre le film attachant et à nous convaincre qu’il est bien loin du plantage complet annoncé par Les Inrocks ou Libé’, à condition qu’on ne le prenne pas au premier degré et qu’on se laisse guider par son scénario (parfois un peu alambiqué) et ses personnages attachants.

Alors oui, en grand fan de Ben Stiller, je reconnais ne pas être totalement objectif sur son travail, et oui le film est tout de même bourré de clichés. Mais comment ne pas être séduit par Walter Mitty, simple employé sous-estimé au bord du licenciement secrètement amoureux de sa collègue de boulot (ça fait beaucoup pour un seul homme). Les scènes des voyages de Walter sont, bien qu’un peu trop courtes, superbement filmées et surtout, brillamment « orchestrées » (par Theodore Shapiro, bien aidé du folkeux suédois José González).

La Vie rêvée de Walter Mitty n’est pas un film d’auteur mais un divertissement, une ode à l’évasion et au voyage, l’un des plus beaux films de 2014, si, bien sûr, on prend le temps de tomber sous son charme. Ben Stiller, la charmante Kristen Wiig et Sean Penn (génial, comme toujours), aidés par quelques seconds rôles tout aussi touchants (le collègue de Walter, son excentrique sœur ou encore le pilote islandais alcoolique) réussissent en moins de 2h à vous divertir. Et c’est bien là le principal intérêt du cinéma non?

La Vie Rêvée de Walter Mitty de et avec Ben Stiller
et Kristen Wiig, Sean Penn et Adam Scott.
Scénario de Steve Conrad, d’après la nouvelle The Secret Life Of Walter Mitty, 1939) de James Thurber.


Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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