The Wendy Darlings « Against Evil »

C’est avec un premier album, The Insufferable Fatigues of Idleness (2014, Oddbox), que l’on avait été présenté aux Wendy Darlings et leur Pop survitaminée. L’album surfait sur un océan de guitares noisy et mélodies Pop à un rythme effréné, ne laissant que peu de répit à l’auditeur happé dans cette​ ​implacable chevauchée à l’efficacité redoutable. Redoutable, car avant de nous balancer en plein visage ses dragées au poivre, les Clermontois​ ​n’oubliaient pas de trousser de sacrés hymnes Pop instantanés d’une fraîcheur vivifiante. Ce mariage donnait à entendre ce qu’aurait pu donner une collaboration entre les Shangri-La’s se faisant trousser par les Ramones. Un sacré programme et une sacrée carte de visite qui laissaient augurer le meilleur pour le futur.

On insère la galette dans la platine et le premier titre affiche tout de go sa bonne humeur pour une entrée en matière réussie. « Leave this Town » et ses clapping enthousiastes collent au palais comme un chewing-gum acidulé que l’on mâchouille de plaisir. Avec « Fun in this Summer », les amis possèdent un hit certifié à l’usage des indies kids ayant un jour trémoussés sur les cavalcades de Talulah Gosh avec un sourire béat plaqué au visage. La recette de cette musique est simple : Des mélodies imparables jouées pied au plancher, ce n’est pas neuf et des groupes pratiquant cette musique foisonnent ; et alors ? L’important pour les Wendy Darlings n’est pas de révolutionner le genre mais plutôt de lui rendre un vibrant hommage avec une foi inébranlable et une honnêteté de tous les instants. Pour cela, ils usent d’un savoir faire assez remarquable, entremêlant les guitares colorées de Suzie tantôt énervées, chafouines, électrisantes ou aux sonorités vintage mais jamais ennuyeuses avec sa voix au timbre malicieux souvent épaulée par des chœurs irrésistiblement Pop, le tout soutenu par la basse ronde de Vincent et la batterie minimaliste mais bien charpentée de Baptiste.
La Pop/Rock se respecte et est élevée au plus haut rang chez les Wendy et ça s’entend et transpire même dans chaque titre comme « Easy come Easy go ». Ainsi défile l’album, à la vitesse​ du piaf Bip-Bip et de Coyote à la poursuite des tubes comme un chercheur d’or serait des pépites​. Suzie réussit même l’exploit de rendre sexy la langue de Goethe avec un « Doppelgangerin » pourtant frontal. Le groupe n’est pas en reste de générosité et offre en fin de parcours un titre au psychédélisme moelleux et savoureux comme un bon vieux Yo La Tengo. Vous en voulez encore? alors « Pourquoi pas moi ? » reprend la fausse naïveté et ingénuité de Stella avec comme invitée, la douce Gaëlle de La Position du Tireur Couché & Les Cruz Castillo. Tandis que « Les élucubrations » d’Antoine côtoient le Garage/Rock des Standells… Whouaou !​ ​Cet album a le potentiel pour ravir​ les fans d’​Indie ​Rock capables de citer dans une même discussion​ Ramones, ​​S​hangri​-L​a’​s, ​​R​onettes, ​les B​each Boys, ​S​hop A​ssistants, ​les P​astels ou des labels​ comme Creation Records ou Flying Nun​, la liste serait trop longue​​​!

Sur ce ​The ​Wendy ​Darlings ​Against ​Evil, c’​​​est cette alliance entre ​Pop éternelle et guitares abrasives qui est particulièrement réussi et fait d »eux un groupe chérissable entre tous​​ que l’on a​​ envie de faire découvrir aux autres​,​ car s’il fallait deux justifications à l’existence d’une telle musique et de la démarche de ce groupe ce serait sans nul doute le partage et l’hédonisme. Alors comme on dit ​: passe à ton voisin​ !

The Wendy Darlings Against Evil Oddbox

TRACKLIST :

Always Late
Leave This Town
Fun In The Summer
Tongue Tied
Easy Come Easy Go
Don’t Mind
One Kiss Sailor
Doppelgangerin
Dear Mr Twist
Davy Jones
1959

Bonus Tracks

Pourquoi Pas Moi
Elucubrations


Ice Cream Man

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