Hot Snakes & Worlds Dirtiest Sport au Point Éphémère

Depuis leur reformation il y a huit ans, Hot Snakes se contentaient seulement de se produire sur scène, jusqu’à l’annonce, fin 2017, de leur signature sur le mythique label de Seattle, Sub Pop, de la réédition de ses trois albums studios (Automatic Midnight, Suicide Invoice et Audit in Progress), suivies de près par la sortie de l’explosif Jericho Sirens, leur premier album en quatorze ans. Des années que les Californiens ne se sont pas produit en France, inutile de préciser qu’ils étaient attendus…

Le Point Éphémère n’est pas loin d’afficher complet ce soir. La salle se remplit tranquillement, lorsque débarque sur scène la première partie. Annoncée nulle part, elle consiste en un one-man-band répondant au nom de Worlds Dirtiest Sport. Derrière un énigmatique masque de loup se cache le quadra Kevin Branstetter (Trumans Water). Quelque part entre Rock, Blues Noisy & Shoegaze, le musicien de Portland, dont le style n’a pas grand chose à voir avec celui d’Hot Snakes, remplit plutôt bien son office sans pour autant bouleverser l’assistance. On se penchera avec plus d’attention sur son album de 2016: Electroweak Phase Transition.

Rick Froberg, Gar Wood & John Reis ©

Les pintes se vident de plus en plus vite et la salle est chauffée à blanc quand les quatre Californiens débarquent. Comme lors de leur dernier passage, le public jubile à la seconde où le groupe entre en scène. Pas longue à chauffer la machine  Hot Snakes, quelques secondes seulement après le démarrage, et voilà que les quatre fougueux explosent déjà les compteurs. Leur Rock ‘n’ Roll/Post-Hardcore n’a pas pris une ride et, hormis un Rick Froberg plus marqué, les quatre gaillards ne font pas leur age. A la Les Paul, John Reis -co-fondateur du désormais quintet (bien que Mario Rubalcaba , deuxième batteur du groupe, manque à l’appel sur cette tournée) mais aussi de Swami Records, ancien label du groupe- mouille déjà sa chemise à peine le set attaqué (au sens propre du terme), et vu l’énergie du bonhomme, ça ne va pas aller en s’arrangeant. Pas le temps de tergiverser, les quatre attaquent d’emblée avec un puissant « Death Camp Fantasy », extrait de leur dernier album. Si le public est moins familier avec les nouveaux titres qu’avec leur classiques, il répondra avec au moins autant d’entrain à chaque fois. Découpée en plusieurs salves, la setlist ne laisse aucun titre emblématique de côté. S’enchainent « Who Died », « LAX », « I Hate the Kids », « Gar Forget His Insulin » et « XOX » et, sans que le public ait le temps de se remettre de ses émotions, le furieux « Why Don’t We Sink In ». Le tubesque « Six Wave Hold Down » calme un peu la tension et le public, surexcité. Si Reis est le seul à autant donner autant de sa personne avec ses riffs à tomber par terre, les trois autres membres (Gar Wood à la basse, Jason Kourkounis à la batterie et Froberg au chant) ne manquent pas non plus de charisme et assurent comme il se doit leur part du job. Après l’immanquable « Suicide Invoice », le sauvage « Having Another » et « Jericho Sirens », Hot Snakes termine son set avec deux extraits de leur premier album, sorti il y a quasi 20 ans: « If Credit’s What Matters I’ll Take Credit » et « Automatic Midnight ».

Après un set aussi irréprochable, les Californiens auraient pu choisir de se retirer sans prendre la peine de passer par la case « rappel », mais, comme le public en redemande, les voilà de retour pour enfoncer le clou. Au programme « Plenty for All » suivit d’un trio de rouleaux compresseurs « Braintrust », « Hi-Lites » et « Retrofit », qui écrasent tout sur leur passage. Le bal est terminé, les lumières se rallument et la foule comblée se masse au bar et/stand de merchandising. Hot Snakes a mis fin ce soir à une absence de près de sept ans en France; ça valait le coup d’attendre!

Setlist

Death Camp Fantasy
Who Died
LAX
I Hate the Kids
Gar Forgets His Insulin
XOX
Why Don’t it Sink In?
Six Wave Hold-Down
Death Doula
10th Planet
I Need a Doctor
Suicide Invoice
Having Another?
Jericho Sirens
If Credit’s What Matters I’ll Take Credit
Automatic Midnight
No Hands

Rappel

Plenty for All
Braintrust
Hi-Lites
Retrofit

Hot Snakes (Sub Pop) & Worlds Dirtiest Sport
Salle: Point Éphémère
Production: Radical
Photos de Robert Gil à découvrir par ici.


Critique de Jericho Sirens et des rééditions d’Automatic Midnight, Suicide Invoice & Audit in Progress
(2018, Sub Pop Records)chronique critique review réédition reissue lp disque record album punk post-punk rock 'n' roll post-hardcore hardcore san diego californie california u.s.a. united states of america états-unis d'amérique 2000 2002 2004 2018 audit in progress automatic midnight gar wood hot snakes jason kourkounis john reis mario rubalcaba rick froberg sub pop records suicide invoice swami recordsjericho sirens john reis gar wood rick froberg hot snakes album lp sub pop records critique review chronique

Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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