The Jay Vons « The Word »

Tu prends les Reigning Sound de Shattered (2014, Merge Records), tu débarques Greg Cartwright, tu confies les clés du camion à Michael Catanese, tu détournes la photo du dos de la pochette du Love & Curses (2009, In The Red) des mêmes Reigning Sound pour la remettre en scène en guise d’illustration de The Word, le décor est planté.

Le contenu diffère quand même. Les Jay Vons font appel à Thomas Brenneck du Menahan Street Band et du Budos Band (Daptone) et enregistrent au Dunham Studios, à la Daptone House of Soul. Tu vois le topo un peu. Après toutes ces années, il en faut pour me surprendre. Et pourtant… Pourtant et c’est ce qui fait le sel de la mélomanie compulsive, régulièrement, il y a toujours un empêcheur de tourner en rond pour foutre le boxon. Les Jay Vons, je ne m’y attendais absolument pas. La pochette m’intriguait dans le bac de nouveautés. Elle me rappelait quelque chose. Mais quoi ? Dessus, le sticker affichait une citation dithyrambique d’un certain John Reis. Je ne connais qu’un seul John Reis, le surnommé Speedo de Rocket From The Crypt et Hot Snakes. Et quand au dos, tu apprends que c’est enregistré au Dunham Studios et que c’est Tom Brenneck à la manœuvre, ça commence sérieusement à te titiller les terminaisons nerveuses si je puis permettre. Les noms des musiciens ne me parlent pas vraiment. Faut dire que Reigning Sound est une vraie auberge espagnole et qu’autour de Greg Cartwright, y’a constamment du mouvement de personnel. Ces contingences mises à part, il s’agirait d’entrer dans le vif du sujet. Les Jay Vons pratiquent une formidable northern soul comme on n’en entendait plus depuis longtemps, une soul pratiquée au nord de l’Angleterre à la fin des années 60 par des culs-blancs sur le modèle de la Motown pour te la faire courte. Un truc à enfourcher la Vespa pour aller cruiser sur les boulevards. Vu que c’est mis en boite à la Daptone, t’imagines la sonorité que ça peut avoir et même si ce premier album sort sur un label madrilène, ça m’étonnerait que la Daptone traîne pour rapatrier les Jay Vons à la maison tellement ce disque se place dans les sommets de la discipline de ces dernières années. Pourrait aisément devenir le nouveau fer de lance de la Daptone, si les Jay Vons étaient à la Daptone

The Jay Vons The Word La Castanya

TRACKLIST :

Face A

The Word
Night (Was Stealing From The Sun)
Changing Seasons
It Was Wrong To Love You
Never Take Me Back
Want You Tomorrow

Face B

Keep On Moving
My Mama (She Was Right)
Take It This Far
Maybe I Loved You
Days Undone
Did You See Her


Album également dispo’ sur Apple Music, Bandcamp, Qobuz, Spotify & Tidal
mais aussi et surtout, chez tous les bons disquaires !



Patrick Foulhoux

Ancien directeur artistique de Spliff Records, Pyromane Records, activiste notoire, fauteur de troubles patenté, journaliste rock au sang chaud, spécialisé dans les styles réputés “hors normes” pour de nombreux magazines (Rolling Stone, Punk Rawk, Violence, Dig It, Kérosène, Abus Dangereux, Rock Sound…), Patrick Foulhoux est un drôle de zèbre.

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