The Menzingers « Hello Exile »

Il m’aura fallu bien plus d’un mois. 45 jours, pour être précis. 45 jours, pour que je me fasse un idée précise de Hello Exile, le nouvel album studio du groupe le plus cher à mon cœur depuis 3 ou 4 ans, The Menzingers. 45 jours pour que je me dise que quand même, je pourrais en parler un peu de ce disque sans tomber dans l’effet “nouveau jouet”, ou la contemplation excessive. Je vais essayer, parce que tu devrais vraiment l’écouter.

Soyons clair : je suis un gamin, en particulier quand on parle d’un groupe que j’aime tant écouter. Donc ça me fait l’effet d’un nouveau jouet cet Hello Exile, le nouvel album studio du groupe de Scranton The Menzingers. Je l’ai attendu avec une impatience folle. J’en ai parlé à tous mes copains. J’ai scruté les réseaux sociaux, j’ai été à l’affût de la moindre nouvelle chanson ou d’un teaser, et je les ai partagés. Comme quand j’attendais le Père Noël à six ans. Et le père Noël, il est finalement passé le 4 Octobre, avec 12 nouveaux titres pour égayer mes journées.

Stade 1 : l’euphorie.

Comme tout gamin, j’ai tout écouté avec admiration, les titres les uns après les autres. Euphorie totale. The Menzingers, il font un genre de Rock super mélancolique, avec un combo de deux chanteurs et deux styles qui se mélangent parfaitement. Avec des mélodies qu’on peut presque reconnaître d’un seul coup, la plupart du temps avec d’accords de guitares aussi mélancoliques que les paroles. Un style à la fois avec rien de spécial, et quelque chose de spécial. Rien de spécial, parce que les chansons ont des lignes d’accords maintes fois balayées, des tempos de rock tout ce qu’il y a de plus classique, et des structures vieilles comme le Blues. Et puis quelque chose de spécial, dans les voix, dans l’intonation, dans les intentions. Greg Barnett et son timbre presque chevrotant, qui nous donne envie de le serrer dans ses bras ; et Tom May, qui nous sert des refrains fédérateurs à lever le poing en l’air. Et puis du sens, on va y revenir. Voilà pour le tableau.

Stade 2 : la frustration.

Mais, comme tout gamin, j’espère toujours plus. After The Party, leur album précédent (2017, Epitaph), est probablement un des 5 disques que je prendrais avec moi sur une île déserte. Pour tellement de raisons (je ne raconterai pas toute ma vie, t’en fais pas). Donc, j’espère mieux, et je trouve des points gris sur ce Hello Exile : pas mal de ballades, et une quasi omniprésence de Greg Barnett par rapport à Tom May. Avant, c’était une chanson chacun, maintenant c’est presque 70%-30%. J’ai un peu de mal à m’y faire. Et les tricks de Greg, on les connaît. Les lignes de chant, les références à l’alcool « cheap » et aux malheurs de la vie de tous les jours. L’intro, les couplets, les refrains et le pont avant le final. On est parfois basique, cliché, je sais pas si cela va marcher toute la vie. Je doute un peu, à écouter le disque dans le métro.

Stade 3 : l’acceptation.

Sauf que je suis plus tant un gamin. J’ai grandi, un peu, comme les Menzingers, comme aussi tous mes meilleurs copains. Je les aime même si on est pas toujours d’accord. Mais surtout, je suis capable d’assumer mes choix. Le plus frappant dans ce disque au final, c’est le discours, et ces putains de refrains si « catchy« . Les albums : After The Party sur la fin de la vingtaine, Hello Exile sur le début de la trentaine, bingo. Ça me parle, à chaque fois, on a presque le même âge d’ailleurs. Moi aussi je suis dans mes “early 30’s” comme c’est dit dès la chanson d’ouverture. J’ai pas mal le blues du pays et de mes années post-lycée comme dans “High School Friend”. J’ai les boules de voir ce qu’il se passe chez nous, et je veux exprimer ma conscience politique comme dans “America You’re Freaking me Out”. J’ai aussi eu des potes plus âgés et je me demande où sont passées ces années à courir après rien, comme dans “Farewell Youth”. Bon heureusement je ne crois pas trop avoir de problème de drogue ou d’alcool comme dans “London Drugs” ou “I Can´t Stop Drinking”, mais on est déjà pas mal, les refrains me restent dans la tête.

Tout ce blabla, pour arriver à une chose simple: je ne pense pas encore me lasser d’écouter ce disque parce qu’il est plein de tubes et de trucs que j’aime. Certes, c’est un peu facile d’aimer The Menzingers, et comme je l’ai lu justement dans une autre chronique, ils peuvent devenir ton nouveau groupe préféré, si t’aimes le Rock. Mais bordel les ponts, juste avant les derniers refrains, quand ca repart, je me fais avoir à tous les coups. Je suis en grand gamin après tout. Peut-être que toi aussi.

The Menzingers Hello Exile Epitaph/Pias

TRACKLIST :

Side A

America (You’re Freaking Me Out)
Anna
High School Friend
Last To Know
Strangers Forever
Hello Exile

Side B

Portland
Strain Your Memory
I Can’t stop Drinking
Strawberry Mansion
London Drugs
Farewell Youth



Album également dispo’ sur Apple Music, Bandcamp, Qobuz & Spotify
mais aussi et surtout, chez tous les bons disquaires indé’ !


Martin Andraud

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