Refused « Freedom »

Freedom
En 2012, après un retour triomphal sur les scènes du monde entier, Refused bouclait la boucle comme il se doit, en s’offrant ainsi une fin logique, différente de la douloureuse séparation de 1998. la reconnaissance était amplement méritée. « Refused were fuckin’ dead, long live Refused » !

Mais nos quatre Scandinaves ne sont pas cons, et partant du fait que Refused était finalement devenu leur seul groupe rentable (chaque membre compte plusieurs side-projects), ils auraient eu tort de s’arrêter là…Après avoir écarté Jon Brännström, le quatuor s’est remis au boulot.
Mettons les choses au clair, si vous attendez de ce nouvel opus un album de Hardcore classique (chose que le quatuor ne fait plus depuis 96) ou un deuxième The Shape Of Punk To Come, passez votre tour. Car Freedom est sans aucun doute un disque qui va diviser les fans, les mêmes qui l’auraient idolâtré s’il était sorti en ’99. S’il y a quelque chose dont on peut être sûr, c’est bien qu’ils ont pris du plaisir à faire ce nouvel album, à la fois surprenant, et rassurant.
Alors que beaucoup avait parié sur un beau plantage, le quatuor évite intelligemment les pièges dans lesquels il aurait pu tomber. Et même si tout ne fonctionne pas, Freedom est un album honnête qui ne sonne comme aucun disque du genre par quatre musiciens qui croient en leurs morceaux et jouent avec les tripes. Seul « Elektra » pourrait nous faire croire, l’espace d’un instant, que le groupe n’a pas du tout changé (Dennis Lyxzén hurle d’ailleurs « Nothing has changed » sur le refrain), mais tout le reste de l’album voit le groupe prendre des risques et se mettre en danger.
La production, signé Nick Launey (Bad Seeds, Grinderman) et Shellback (heu…Taylor Swift, Britney Spears…), manque un peu de mordant, et reste dans l’ensemble un peu trop pop, ce qui rend certains passages plus proches de The (International) Noise Conspiracy (ancien groupe de Lyxzén) que de Refused. Et si certains arrangements sont réussis et bien sentis (les cuivres sur « Françafrique » donnent plus de puissance au titre), d’autres ont tendance à décontenancer (les chœurs de « Dawkins Christ », « Destroy The Man »). Pas de changement notable à observer coté lyrics, où Lyxzén aborde des thèmes qui lui sont chers (religion, colonialisme, anti-capitalisme).

Si Refused n’a plus rien du groupe de punk/hardcore avant-gardiste qu’il était dans les années 90, il a bel et bien conservé une certaine originalité. Une originalité qui fait de Freedom un disque auquel personne ne s’attendait, et qui tient plutôt bien la route. Seul le temps nous dira s’il mérite de trôner fièrement au coté de The Shape Of Punk to Come qui, rappelons-le, a mis de nombreuses années pour devenir culte.

Refused Freedom Epitaph
Site web de Refused et d’Epitaph.

TRACKLIST:

Side A

Elektra
Old Friends / New War
Dawkins Christ
Françafrique
Thought Is Blood

Side B

War on the Palaces
Destroy the Man
366
Servants of Death
Useless Europeans



Album également dispo’ en écoute sur Spotify par ici.









Live report du concert de Refused
au Bataclan à Paris le 9 octobre 2012, illustré par Manuwino.

refused

Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.