Sage Francis « Copper Gone »

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Il y a quatre ans, Li(f)e en surprenait plus d’un. Sage Francis avait en effet fait appel à une multitude de musiciens issus de la scène indie rock américaine pour produire et composer ce cinquième album. On y croisait ainsi Chris Walla (Death Cab For Cutie),  Jason Lytle (Grandaddy), les membres de Calexico ou même le défunt Mark Linkous aka Sparklehorse. Francis cherchait à l’époque à se réinventer, et y était clairement parvenu. Mais une décennie passée sur les routes avait fatigué le MC qui peu après la sortie de Li(f)e annonçait sa « retraite scénique » anticipée.

Il s’est donc écoulé pas mal de temps depuis, de longs mois de silence finalement nécessaire à la gestation et la composition de Copper Gone, un nouvel album qui pourrait faire office de best of…mais uniquement composé de nouveaux titres. Car tout au long de ces quatorze pistes, Sage aligne ce qu’il sait faire de mieux: du rap tel qu’à ses débuts (le morceau d’ouverture « Pressure Coocker », percutant et brut), posé et réfléchi (le single « Grace » ou « Make Em Purr » dont le sample de piano ressemble à du Ludovico Einaudi), ou à la frontière de l’electro et du hip-hop (« Cheat Code ») comme sur ses premiers disques chez Anticon et Lex. On retrouve d’ailleurs une bonne partie de ses potes à la production: le Canadien Buck 65, Cecil Otter de Doomtree (tout deux signés sur son label Strange Famous), ou encore Alias, co-fondateur d’Anticon.
Mais voilà, douze ans ont passé depuis le premier long format de Francis (le classique Personal Journals sorti chez Anticon en 2002), et depuis, bon nombre de rappeurs influencés (ou pas) par le rappeur de Rhode Island ont fait leurs apparitions ; et Sage, bien que n’ayant rien perdu de sa verve et de son talent de poète, ne fait plus vraiment partie des « originaux », de ceux qui surprennent et vous collent une claque à chaque sortie. Heureusement, la déception qui accompagne la sortie de Copper Gone s’estompe assez rapidement…pour laisser place à une forme de respect.
Car à l’approche de la quarantaine, Sage, à défaut d’être un original, reste l’un des rappeurs les plus intègre de la scène hip-hop indé’, méticuleux et consciencieux (aucun « mauvais album » n’entache sa discographie), un emcee bourré de talent au flow inimitable qui reste encore aujourd’hui LE patron de l’indie rap américain.

Sage Francis Copper Gone Strange Famous
Chronique publiée à l’origine dans le magazine New Noise.

TRACKLIST:

Side A

Pressure Cooker
Grace
ID Thieves
Cheat Code

Side B

Dead Man’s Float
Over Under
Make Em Purr

Side C

Vonnegut Busy
Thank You
The Set Up
The Place She Feared Most

Side D

Once Upon a Blood Moon
Say Uncle
Maint Reqd



Album également dispo’ en écoute sur Spotify et Bandcamp.




Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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