Sharon Jones & The Dap-Kings à La Coopérative de Mai

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L’une des dates les plus attendues de l’année à La Coopérative de Mai était sans doute le passage de la chanteuse Sharon Jones. Le regretté festival Clermontois Les Volcaniques de Mars l’avait déjà accueilli en 2004, et la Coopé’ l’avait programmé il y a tout juste deux ans, malheureusement, la chanteuse avait été contrainte d’annuler tous ses concerts à la découverte d’un cancer…

Mais il en faut bien plus pour mettre K.O. Sharon Jones! La chanteuse, qui a grandi dans le Bronx, a connu un succès tardif, alors qu’elle exerçait encore le job de maton. Autant dire que c’est une dure à cuire. Avec un décalage de quelques mois, le cinquième album, Give The People What They Want, voit finalement le jour en janvier 2014, et la Queen of Soul comptait bien le défendre sur les planches!
La soirée débute en douceur, voire assez mollement avec Luca Sapio. Originaire de la capitale italienne, le chanteur livre une prestation sans grand intérêt, sans pour autant vider la grande salle de la Coopé’.

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​Vient ensuite le tour de Saun & Starr, duo de chanteuses, également signé sur le label Daptone, à classer dans la soul gospel. Pas inintéressant, les deux chanteuses peinent à chauffer le public et livrent un set un poil trop sirupeux. Dommage.
Alors que nos deux chanteuses s’installent en fond de scène pour endosser le rôle de choristes (les « Dapettes »), c’est maintenant au tour du célèbre backing band de Sharon de prendre place. Comme souvent dans les concerts de soul et du label, l’un des musiciens s’avance pour présenter la chanteuse que tout le monde attend et chauffer le public clermontois. Ce soir, c’est le rôle du lead guitariste: Binky Griptite.

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Et là…que la fête commence…
Sharon Jones déboule sur scène, le sourire aux lèvres et en TRÈS grande forme. On a du mal à croire que ce petit bout de femme était, il y a encore quelques mois, en pleine chimiothérapie. Le crâne rasé, toujours autant la classe, elle met tout le monde d’accord! Son groupe n’est pas en reste et livre une prestation incroyablement carrée. Pas une note de travers, les New Yorkais sont un backing band d’exception! On notera tout de même la présence de Neil Sugarman, le saxophoniste, très discret, à l’origine du label Daptone.

Bon nombre de fans décrète que Sharon est la fille spirituelle du godfather of soul James Brown, et bien ce soir, la chanteuse montre qu’elle mérite amplement ce titre. Sharon danse, se tortille dans tout les sens, court d’un bout à l’autre de la scène​ et se donne à 200%. Une bonne partie du set est constituée de chansons extraites du dernier album, dont « Retreat! », parfait en ouverture. La reine de la soul et son groupe alternent entre morceau soul (« Making Up and Breaking Up and Making Up and Breaking Up Over Again ») et pure tube funk (« 100 Days 100 Nights », que tous les fans attendent!).

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Si Charles Bradley et le Menahan Street Band nous avaient fait découvrir, il y a quelques années, l’immense classe des artistes de Daptone Records, Sharon Jones vient définitivement de nous faire comprendre qu’elle reste la patronne! Que toutes les chanteuses R&B actuelles de pacotille aillent se rhabiller, la reine de la soul est encore là, prête à leur donner une bonne leçon!

Salle: La Coopérative de Mai.
Photos par Yann Cabello © son site web ici.
Site Web de Sharon Jones & The Dap-Kings et de Daptone Records.


Critique de l’album
Give The People What They Want (Daptone, 2014)

Give The People What The Want

Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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