Atmosphere « Everything has a south side… »

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Sean « Slug » Daley et Anthony « Ant » Davis
Années après années, le duo Atmosphere gagne en reconnaissance. Respecté, admiré mais pas pour autant « vendu », Ant et Slug ont su rester loyaux envers leurs compagnons de route, le label qu’ils ont co-fondé (Rhymesayers Entertainement) et leur entourage. Entretien avec Sean « Slug » Daley, moitié du groupe, décidément pas très fan du « questions/réponses » par mail.
Sean, Décris-nous en quelques mots ce nouvel album…

Southsiders est tout simplement une nouvelle collection de morceaux par Anthony « Ant » Davis et moi-même s’amusant comme des p’tits fous. On essaye pas de sauver le monde, juste de s’marrer et d’être un peu moins pessimiste.

L’album s’appelle Southsiders, pouvez-vous expliquer ce que signifie le titre ?

J’ai grandi au sud de Minneapolis, dans le quartier ouvrier.  Tout a une face « cachée » (« everything has a south side » en V.O.), une perspective différente. Nous voulions capturer des perspectives différentes sur ce disque.

Minneapolis, got love for the after kiss.
Y’all the baddest bitch, so passionate,
Let me hear you say fuck the establishment…
Say it !

Vous semblez très attachés à votre état (Minnesota) ainsi qu’à votre ville, avez-vous déjà pensé à quitter Minneapolis ?

Parfois durant l’hiver, je rêve d’être sur une plage.

A Family Sign, votre précédent album, est, je pense, un disque très calme, mais il semble que sur Southsiders, vous avez voulu enregistrer des chansons plus « catchy » non ? D’où est-ce que ça vient ?

Je ne sais pas ce que « catchy » veut dire. Nous n’avons jamais été bien bons pour décrire la musique que nous produisons. On essaye juste d’être nous-mêmes. Sinon on boit beaucoup de café aussi. Et je fume un peu d’herbe. 


« She’s Enough » (extrait d’A Family Sign) en live au Greek Theatre de Los Angeles
Sean, j’ai toujours pensé que vos chansons étaient différentes du rap « classique » que l’on écoute un peu partout, que vos paroles étaient parfois plus proches de la scène pop/rock indé’. Vous reconnaissez-vous dans la scène hip-hop actuelle ?

Je me suis toujours senti comme un rappeur. Mais je n’ai aucun contrôle sur la façon dont me voit les gens, je suis plutôt content de constater que les auditeurs prennent le temps de comprendre ce que je fais et qu’ils aient d’ailleurs une quelconque opinion sur ce qu’on fait.

Pour moi, Atmosphere est toujours apparu comme le groupe de rap que l’on peut écouter sans être amateur du genre, du fait de toutes les influences que vous mélangez. Est-ce que ça vient de vos goûts musicaux?

Je ne sais pas…Je dirais que j’écoute 90% de rap. Mais aussi Tom Waits. Et Willie Nelson.

Que pensez-vous du hip-hop « mainstream » ? Est-ce que vous écoutez ce genre de rap ? Par exemple Jay Z, Snoop Dogg ou Kayne West

Je les trouve tous talentueux et je respecte beaucoup leur carrière. Durant ma jeunesse, je détestais sincèrement toute cette scène commerciale. C’était un peu la manière que j’avais de « poser » les bases de mes goûts musicaux ; c’est comme ça qu’on construit sa propre identité. Tous les gamins font ça, désormais en tant qu’adulte, je sais précisément ce que j’aime, du coup je n’ai plus besoin de détester ces artistes « commerciaux », je suis plus ouvert musicalement et j’écoute la musique que font ces artistes, et pas seulement ce qu’ils représentent.

Quand vient le moment de composer un nouvel album pour vous est-ce que vous aimez lire des livres ou écouter un peu de musique durant cette période ?

J’écoute principalement les beats d’Ant. Mais j’imagine que je regarde quelques films et lis quelques bouquins, enfin je ne sais pas trop…

Es-ce que tu écris sans arrêt des bouts de chansons, des paroles ou quelques idées ? Ou tu fais ça sur une période donnée bien précise ?

Généralement, je m’accorde plutôt un certain nombre d’heures dans la semaine où je descends dans ma cave pour écrire.

Comment est-ce que vous bossez sur un nouvel album ? Est-ce que vous vous réunissez spécialement pour savoir ce que vous voulez faire ?

Non pas vraiment. Tout se fait de façon très naturelle. Tout découle juste de conversations très simples entre amis.

Clip de « Kanye West », réalisé par Pete Lee
 
Sur votre précédent disque, Atmosphere semblait être devenu un vrai groupe (avec l’arrivée de vrais musiciens en la personne de Nate Collins et Erik Anderson). Vous avez de nouveau composé Southsiders avec eux ?

Nate et Erick n’ont pas joué sur ce disque. Mais d’autres amis y ont participé. G. Koop notamment a joué sur tous les morceaux.

Anthony et toi êtes tous les deux les propriétaires du label Rhymesayers Entertainment, est-ce que vous choisissez encore les albums qui sortent dessus ?

Non, plus vraiment. On le faisait, il fut un temps. En fait, on ne passe plus beaucoup de temps au bureau. Et disons qu’il y a désormais des personnes un peu mieux qualifiées que nous dans le « business de la musique ». C’est en tant qu’artistes que nous travaillons pour RSE.

Toutes les sorties Rhymesayers sont disponibles en numérique, en cd et en vinyle. Est-ce que vous vous sentez « proches » de ce format ? D’ailleurs, achetez-vous encore de la musique chez les disquaires indé’ ?

Je pense pouvoir parler pour nous deux sans mentir et te dire qu’on passe beaucoup trop de temps chez les disquaires et qu’on dépense certainement un peu trop d’argent en vinyle.

Dernière question ; peut-on bientôt espérer un passage en Europe ?

On espère venir vous voir avant la fin de l’année.

Atmosphere était en concert à La Machine du Moulin Rouge à Paris le 12 Octobre, le compte rendu de la soirée est à découvrir par ici.
L’album « Southsiders » (Rhymesayers/Ada) est disponible en cd et vinyle chez Spliff Ministore ici et sur Fifth Element, la chronique de l’album est à lire ici-même !

Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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