Woods & H-Burns à L’Épicerie Moderne, Feyzin

Sérigraphie du concert de Woods + H-Burns par Cyrille Rousseau

Une fois de plus, on n’a pas pu s’empêcher de faire un tour chez nos voisins de l’Épicerie Moderne, petite salle perdue au milieu de Feyzin, elle-même étouffée par sa grande sœur lyonnaise. Toujours est-il que nous sommes venus en nombre pour assister au beau plateau réunissant le local H-Burns et les New-Yorkais de Woods. Récit.

H-Burns par Marion Bornaz ©

Depuis ses débuts il y a plus de 10 ans, le projet de Renaud Brustlein a bien mûri. D’abord Folk, puis Indie Rock et désormais en grande partie Pop, H-Burns semble avoir trouvé une certaine stabilité, puisqu’il vient tout juste de sortir le beau Kid We Own The Summer (chez Vietnam/Because Music), une nouvelle collaboration avec le producteur américain Rob Schnapf (Elliott Smith, Guided by Voices ou les Vines). Comme sur disque, le groupe a trouvé ses marques et livre un set extrêmement bien ficelé. Seul défaut et de taille, la prestation du groupe souffre d’une mauvaise sonorisation, ce qui rend la guitare lead un peu trop agressive.

Lorsque les New-Yorkais débarquent sur scène, peu après 22h00, on découvre alors que beaucoup sont en fait venus tout spécialement pour admirer Renaud et sa bande. La salle est alors au trois quart vide, à peine plus de 150 personnes sont restées. Woods ne semble pas plus préoccupé que ça par le départ précipité d’une bonne partie de l’auditoire et débute son set comme il se doit avec deux belles ballades, pour un décollage tout en douceur. Le groupe au line-up variable au fil des années, est composé ce soir de ses deux leaders Jeremy Earl (chant, guitare), Jarvis Taveniere (guitare, chœurs) complété par Aaron Neveu (batterie), Chuck Van Dyck (basse) & John Andrews (claviers, chœurs). Alors que ses camarades semblent assez détendus, se laissant aller à quelques blagues en début de set, Earl, lui, ne semble pas vraiment là pour déconner, ne s’adressant d’une part que très peu au public, mais n’affichant en plus de ça pas le moindre sourire. Les New-Yorkais sont concentrés sur leurs instruments et ça n’a pas l’air d’être la franche rigolade.

Woods par Marion Bornaz ©

Le groupe alterne entre Folk Psyché’ relativement cool et morceaux plus nerveux qui s’étirent sur de longues minutes (parfois improvisés, notamment entre Earl et Taveniere), laissant le public en transe alors que la température et les décibels grimpent au fil des minutes, et que l’impeccable setlist défile. On y retrouve principalement des extraits de leur deux derniers albums (With Light and with Love et Sun City Eater in the River of Life, 2014 & 2016 chez Woodsist) ainsi que quelques titres phares de leur discographie déjà conséquente (« Cali in a Cup » entre autres).
La tension monte d’un cran avec « Sun City Creeps », qui mêle Rock Psychédélique à des sonorités éthiopiennes, mais les deux pièces maîtresses de la setlist resteront sans aucun doute le récent single « The Take » et « With Light and with Love », durant lesquels les cinq musiciens sont en parfaite symbiose. On réalise une fois de plus à quel point Earl, Taveniere et leur potes sont sacrément carrés mais surtout, doués pour pondre des tubes imparables, car absolument chaque chaque titre fait son effet: de « Shepherd » à « Creature Comfort » en passant par « Leaves Like Glass » ou le désormais classique « Moving to the Left ».

Woods par Marion Bornaz ©

Pas de doute, le peu de spectateurs encore présent à la fin du concert était déjà fan, connaissant la setlist sur le bout des doigts, et ce n’est pas la prestation du groupe qui leur fera changer d’avis. On a maintenant qu’une hâte: c’est de découvrir  le tout nouvel EP du groupe, Love is Love, prévu pour début juin chez Woodsist Records, le label de Jeremy Earl.

Salle: L’Épicerie Moderne à Feyzin
Photographies: Marion Bornaz ©
Sérigraphie par Cyrille Rousseau © (sa boutique par )


H-Burns par Marion Bornaz ©

H-Burns par Marion Bornaz ©

Woods par Marion Bornaz ©

Woods par Marion Bornaz ©



H-Burns sur la Scène Pression Live au Printemps de Bourges en 2013.


Woods au Pitchfork Music Festival de Chicago en 2016.

Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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