Balthazar « Fever »

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En Belgique, le mot « hiatus » n’a visiblement pas le même sens. En 2015, après avoir écumé les routes d’Europe avec Thin Walls, les cinq Belges décident de mettre Balthazar en sommeil, afin de prendre le temps de retrouver l’inspiration, pour mieux revenir sur un quatrième album déroutant mais brillant.

Comme leur compatriotes de Girls in Hawaii sur Nocturne (avec leur étonnant virage Electro/Pop), Balthazar n’est pas du genre à se reposer sur ses acquis en se répétant inlassablement, et Fever en est la preuve parfaite: sans pour autant faire du Kylie Minogue (rapport à son disque de 2001 du même nom t’sais) les Belges mettent au placard leur mignonne Pop indé’ faussement mélancolique et se réinventent totalement avec un album fiévreux qui porte décidément bien son nom.
S’il représente une réelle cassure dans sa discographie, ce changement de parcours n’est pas si surprenant que ça. Après le succès de leur précédent disque, les membres de Balthazar ont essuyé en quelques mois deux coups durs avec le départ successif de leur batteur puis de leur violoniste, avant de faire le choix d’une « pause » bien méritée. Une façon de se poser, de réfléchir et de laisser libre cours à leur créativité. Ne tenant pas en place, ils se sont rapidement remis au turbin. Dans Warhaus d’abord, Maarten Devoldere a joué les crooners le temps de deux disques passionnant emplis de ballades suaves & nonchalantes –We Fucked a Flame Into Being et Warhaus (2016 et 2017, Pias)- ; Jinte Deprez a de son côté exploré un R&B sensuel teinté d’Electro et de Hip-Hop avec J. Bernard sur Running Days (2017, Pias) ; tandis que Simon Casier a, quant à lui, adopté l’alias de Zimmerman, en restant dans un style plus classique avec un Rock indé’ proche de sa formation d’origine sur The Afterglow (2016, Sony).
Ces side-projects ont grandement nourri ce nouveau disque, poussant le quintet à explorer de nouveaux horizons. La base Pop/Rock est toujours présente, mais elle fait pour la première fois la rencontre d’influences diverses et variées telle la Soul (les lignes de basse groovy sont clairement mises en avant tandis les voix des deux leaders se veut suave et sensuel) ou de styles orientaux (les percussions africaines, la rythmique entrainante). Plus consensuel ou grand public diront certains. Peut-être oui, mais toujours est-il que Balthazar fait un énorme pas en avant avec ce nouveau disque et donne une méchante leçon de classe (comme seuls les Belges savent faire..!) en offrant une nouvelle facette qu’on ne leur connaissait pas. Chaque morceau est un tube en puissance (les singles « Fever » et « Entertainment » en tête) auxquels on a franchement du mal à résister.

Oubliez tout ce que vous saviez sur Balthazar! Les Belges s’offrent une seconde vie et signent avec Fever un disque de Pop exotique sexy, lancinant, dansant, impressionnant de maitrise, redoutable et irrésistible.

Balthazar Fever Pias

TRACKLIST:

Side A

Fever
Changes
Wrong Faces
Whatchu Doin’
Phone Number

Side B

Entertainment
I’m Never Gonna Let You Down Again
Grapefruit
Wrong Vibration
Roller Coaster
You’re So Real



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Stéphane Pinguet

Disquaire indépendant aigri mais passionné, amateur de musique, cinéma, littérature et bandes dessinées en tous genres.

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