Bob Mould « Sunshine Rock »

Au rythme d’un album tous les deux / trois ans, Bob Mould continue de ravir ses disciples avec une recette qu’il a lui-même mise au point. Rien de nouveau sous le soleil en vertu du principe d’Archimède, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Rien de nouveau peut-être, mais Bob Mould donne toujours l’impression de repeindre le monde à ses couleurs à chaque nouvelle sortie.

Ça fait déjà quelques albums que ça dure, Bob Mould fait du Bob Mould. Du Hüsker Dü ou du Sugar si tu préfères. Là encore, la moitié des douze titres auraient pu provenir des origines du monde sans que personne n’y trouve à redire. Comme ils ont tout inventé avec Hüsker Dü et que douze milliards de groupes les ont pompés jusqu’à la moelle avec plus ou moins de bonheur, les Pixies en premier, à chaque couplet, tu as l’impression d’entendre untel ou untel alors que tu tiens là, entre tes doigts, l’original. Le mètre étalon. Môssieur Bob Mould himself. La voix du mec est un modèle du genre. Dans le premier volume des Burn To Shine Washington D.C., enregistré le 14 janvier 2004, Bob Mould est dans la même configuration que ses congénères, seul dans une pièce avec sa guitare, en une prise, il fait état de tout son talent vocal. Au point de faire passer les autres pour des ramasse-miettes sans vouloir les offusquer (The Evens, Garland of Hours, Ted Leo, Weird War, Q And Not U et French Toast). Et il ne faut surtout jamais oublier le son de guitare caractéristique de Bob Mould. Sur scène ou sur disque, chaque fois, tu as l’impression de prendre un avion de chasse en plein poitrail. On ressent physiquement le souffle, ce n’est absolument pas une métaphore.
L’album est présenté comme une sorte de renouveau dans la vie de l’Américain qui déclare vouloir remettre un peu de couleurs et de soleil dans ses compositions tout en conservant son côté accrocheur, avec punch et panache. Les chansons ne sont pas plus souriantes qu’à l’accoutumée puisqu’il n’a jamais vraiment fait dans le dépressif. Juste un peu plus colorées. Son répertoire est composé de nombreuses éclaircies pour une parfaite luminosité. L’enregistrement à Berlin lui a permis d’ajouter des cordes, ce qui, dans son cas, rend ses chansons un peu plus acidulées et plus veloutées. D’après lui, enregistrer à Berlin lui a permis “d’écrire au soleil”. Il aurait une notion neurasthénique du soleil que ça ne m’étonnerait que d’un œil. Avec l’âge, il est pris du syndrome David Bowie, Iggy Pop, Lou Reed visiblement. Souhaitons-lui autant de chance que Berlin a porté aux trois autres. Sunshine Rock ne réinvente pas Bob Mould, il le confirme avec brio.

Bob Mould Sunshine Rock Merge Records/Differ-Ant

TRACKLIST

Side A

Sunshine Rock
What Do You Want Me To Do
Sunny Love Song
Thirty Dozen Roses
The Final Years
Irrational Poison

Side B

I Fought
Sin King
Lost Fait
Camp Sunshine
Send Me a Postcard
Western Sunset




Critique de Patch the Sky (2016, Merge)

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Patrick Foulhoux

Ancien directeur artistique de Spliff Records, Pyromane Records, activiste notoire, fauteur de troubles patenté, journaliste rock au sang chaud, spécialisé dans les styles réputés “hors normes” pour de nombreux magazines (Rolling Stone, Punk Rawk, Violence, Dig It, Kérosène, Abus Dangereux, Rock Sound…), Patrick Foulhoux est un drôle de zèbre.

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